Environnement

Débat autour d’une entrée de Rhône Alpes au capital d’Euronews

L’exécutif régional a présenté un projet d’entrée dans le capital de la chaine publique de télévision d’information continue Euronews. Le dossier a provoqué une vague de scepticisme.


Euronews envisage de déménager d’Ecully pour la Confluence, à Lyon, où la Ville de Lyon et le Grand Lyon, souhaitent attirer des occupants pour des locaux de bureaux. Le loyer passera de 400 000à 2 millions d’euros par an, une somme qu’Euronews ne peut dégager. On peut imaginer que la chaîne a demandé aux collectivités de payer le loyer. C’est le schéma du locataire impécunieux qui veut bien emménager dans un appartement plus grand, à condition que le loyer soit payé par le propriétaire!


L’opération a sans doute été préparée d’une manière insuffisante. C’est le sentiment de conseillers régionaux de sensibilités différentes. Elle pose aussi des problèmes puisque c’est le Conseil d’Etat qui devra l’autoriser.


Rentabilité peu assurée


Euronews a une rentabilité peu assurée. La chaine n’a en tous les cas pas les moyens d’assurer son fonctionnement sans soutien public. Le chiffre d’affaires a certes spectaculairement augmenté depuis deux ans, de 300 %, non pas par une augmentation réelle de l’activité mais par fusion des activités de deux entités. Nous avons d’ailleurs cherché en vains sur le site de la chaine publique européenne des informations ( même minimum) sur la capitalisation, le chiffre d’affaires, etc. Une situation choquante ( mais pas forcément surprenante alors que la moindre société cotée en bourse doit être radiographiée par l’Autorité des Marchés Financiers!



Positions critiques


Le dossier a soulevé beaucoup de scepticisme. Il a cependant fait sauter les clivages gauche-droite. Il est soutenu par le Parti Socialiste et Jean-Louis Gagnaire, en charge des questions économiques a répondu aux critiquees du Vert Etienne Tête. Le projet est soutenu par l’UMP. Danièle Noir, ne pouvait pas faire moins que défendre un soutien public à la chaine que son époux Michel Noir, alors maire de Lyon a contribué à installer en 1992. L’UMP lyonnaise estime même que l’installation d’Euronews à Confluence, permettait de donner une meilleure visibilitéà une chaine dont les retombées sur la vie locale ( en dehors des salaires) sont, il faut le reconnaitre plus que limitée. On ignore même les impôts qu’Euronews verse aux collectivités et les effectifs présents sur Lyon ne sont pas connus avec précision.


Trouver des encarts publicitaires?


Elisa Martin (PGA) estime dont qu’il y a une ambigüité fondamentale. « Est-ce qu’il s’agit de sauver une entreprise ou est -ce qu’il s’agit de trouver des encarts publicitaires ». Elisa Martin souligne aussi un deuxième problème « la nature même de cette affaire de contre partie qui consistera à assurer la promotion de Rhône-Alpes. Donc il a une intervention. Cela pose la question du rapport entre le politique et le médiatique et il nous semble que le politique doit se tenir dans un certain retrait. »


Christian. Grangis, pour le Front National, note que le chiffre d’affaires en hausse de 300% mais on ne dit pas le bénéfice. Le Front National est très sceptique devant l’opération, pour des raisons financières, mais aussi en raison des échanges qui pourraient en quelques sorte négociés en sous mains en terme d’image au bénéfice de la Région.


Pour le PRG, Charlotte Dominjon, sans avoir peur de contradiction, soutient l’opération, mais « rappelle les ambigüités entre le politique et les médias» et se demande si la Région avait vocation à entrer dans des entreprises, dans des médias » La conseillère se demande aussi comment une chaine internationale est capable d’augmenter son audience sans augmenter son chiffre d’affaires. M. Cormorèche pour le MODEM rappelle que d’autres entreprises, d’autres actions économiques sont nécessaires dans la région et qu’il aurait « souhaité qu’on ait d’autres soutiens, par exemple à la filière chimie». Les critiques les plus structurées ont été exprimés par Etienne Tête ( voir par ailleurs)


Un projet européen


Jean-Jack Queyranne a justifié la démarche de la région. Il a rappelé qu’Euronews avait été créé notamment pour contrer le monopole de CNN. Il estime qu’Euronews est une réussite et qu’il sera possible de capter les chaines dans douze langues, avec quatre langues supplémentaires. La réponse du président de la Région a permis de découvrir que la chaine avait reçu 140 000 euros en 2008, pour 348 passages avec le logo de la région, la promotion de plusieurs programme et salons : Serious Game, Biennal du Design et reportage cinéma Mia.


Le président de la Région a estimé que l’opération était une opération positive pour l’image des collectivités, pour l’emploi. Mais le dossier n’est pas clos.


michel.deprost@enviscope.com


our en savoir davantage sur Euronews : http://fr.euronews.net/


Les chaines publiques actionnaires sont les chaines suivantes : CT (Czech Republic), CyBC (Cyprus), ENTV(Algeria), ERT (Greece), ERTT (Tunisia), ERTU(Egypt), francetélévisions (France), NTU (Ukraine), PBS (Malta), RAI (Italy), RTBF (Belgium), RTE(Ireland), RTP (Portugal), RTR (Russia), RTVSLO(Slovenia), SNRT (Morocco), SSR (Switzerland), TRT (Turkey), TVR (Romania), TV4 (Sweden), YLE (Finland).

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