Alors qu’il est reconnu que la vitesse est un facteur important d’émission de chaleur et d’émission de CO2, le onseil départemental de l’Isère annonce qu’il repassera à 90 km/h dès 2027 ! Pour Enviscope, le Département ne prend en compte que la dimension sécurité, en méconnaissant l’impact énergétique et climatique. Aussi minime qu’il puisse apparaitre, cet impact négligé va à l’encontre des changements de comportements attendus.
La Commission Départementale de Sécurité Routière (CDSR), de l’Isère, s’est prononcée en faveur du retour au 90 km/h sur les routes départementales. Pour le Conseil départemental cet avis reconnait » la démarche
rigoureuse, axée sur la sécurité, de la collectivité. » Cette vitesse maximale autorisée, » tant attendue » , ne sera effective qu’à partir de janvier 2027 sur les 3076 km de routes départementales. Pour rappel, la vitesse sur les routes nationales restera limitée à 80 km/h.
En 2022, le Département avait engagé un premier relèvement sur 167 km de routes départementales : d’ex-routes nationales ou déviations récemment réalisées par le Département, et certaines routes du
réseau principal. Pour préparer cette seconde et dernière phase, des études minutieuses, dont des analyses d’accidentologie poussées, ont été menées sur l’entièreté du réseau routier restant. La collectivité a fait le choix de relever à 90 km/ h les sections de routes où cette vitesse était cohérente avec l’environnement traversé et avec les conditions de circulation, ce qui représente 3076 km.
Mais elle abaissera à 70 km/h la vitesse maximale autorisée sur 45 km, et à 50 km/h sur 2 km sur des sections où les usagers doivent impérativement réduire leur vitesse. Plus précisément, 50 hameaux et 79 zones d’approche d’agglomération supplémentaires aux 600 zones existantes seront limités à 70 km/h, voire même à 50 km/h.
Le Département explique que » la limitation à 80 km/h n’a pas influé sur l’accidentalité et elle n’a pas fondamentalement modifié les comportements des usagers, ni les vitesses pratiquées. Une analyse approfondie de l’accidentalité sur l’ensemble du réseau routier montre que les accidents sont en effet majoritairement liés au
comportement des usagers et rarement à l’infrastructure elle-même. »
Les campagnes de mesures de vitesse menées avant et après le relèvement à 90 km/h sur les
portions concernées en première phase, ont montré que la vitesse réelle des usagers n’a pas
augmenté et que l’accidentalité corporelle est restée semblable au réseau resté à 80 km/h.
De plus, le relèvement de la limitation de vitesse à 90 km/h, largement soutenu par les Isérois,
adresse un message plus clair aux usagers de la route sur la vitesse adaptée à l’environnement.
En effet, il permet de davantage différencier les zones, grâce à des paliers tous les 20 km/h des
vitesses maximales autorisées, comme le Code de la Route l’avait prévu historiquement :
• 30 km/h dans les « zones 30 » ;
• 50 km/h en agglomération ;
• 70 km/h sur les points singuliers : traversées de hameau, approches d’agglomération avec
accès ou sur secteurs accidentogènes ;
• 90 km/h sur le reste du réseau routier bidirectionnel départemental ;
• 110 km/h sur les routes à deux chaussées séparées par un terre-plein central.
Ce relèvement permettra également, espère le Département, une meilleure acceptabilité des limitations imposées et, par conséquent, un meilleur respect de la vitesse maximale dans les zones à 70 km/h. Le retour
à 90 km/h apportera un gain sécuritaire lors des manœuvres de dépassement, en
favorisant le différentiel de vitesse notamment avec les poids lourds.
Le passage généralisé à 90 km/h sera opérationnel début 2027 sur les routes départementales. D’ici à cette échéance, la vitesse demeure limitée à 80 km/h sur une grande partie du réseau routier départemental.

