L’Autorité environnementale dans son avis sur le projet de parc photovoltaïque au sol d’Avèze, 12 MW de puissance installée, dans le Puy de Dôme demande de bien veiller aux mesures indiquées dans un premier avis concernant la biodiversité.
Dans le Puy de Dôme, sur la commune d’Avèze entre les hameaux de Fanostre, la Grange neuve et Chameil, le projet initial de centrale photovoltaïque au sol s’étendait sur une superficie clôturée de 10,91 hectares sur une ancienne parcelle forestière, pour une puissance installée de 12 Mwc.
L’Autorité environnementale saisie sur la base du dossier de demande de permis de construire et de l’évaluation environnementale conduite initialement a délibéré un avis sur le projet le 22 août 20231. L’évolution du projet nécessitant un permis de construire modificatif, le porteur de projet a saisi l’Autorité environnementale sur la nécessité (ou non) d’actualiser l’étude d’impact, en joignant au dossier le mémoire en réponse relatif au premier avis délibéré.
Pour l’Autorité, ressort notamment du mémoire en réponse la prise en compte des points suivants :
• l’inclusion des chiroptères à la demande de « dérogation espèces protégées » ;
• l’amélioration des mesures de réduction en phase travaux pour l’herpétofaune (amphibiens et reptiles) ;
L’Autorité recommandait de compléter l’étude d’impact en particulier sur :
• les impacts liés au raccordement du parc photovoltaïque au réseau public afin de définir les mesures éviter-réduire-compenser (ERC) à mettre en œuvre ;
• de présenter des alternatives d’implantation sur des espaces de moindres sensibilités environnementales ;
• d’augmenter l’analyse des enjeux en matière de biodiversité et de paysage ;
• d’analyser les effets du projet sur le climat et sa vulnérabilité au changement climatique.
• l’étude des enjeux des écotones et impacts potentiels du projet ;
• la justification d’absence d’impacts sur le Chat forestier ;
• l’amélioration sur le plan de la biodiversité du mode de gestion de la végétation sous les panneaux.
Des pollutions découvertes
Des investigations géotechniques et environnementales préalables à la construction ont découvert des pollutions anthropiques préexistantes sur le site (dépôts sauvages, contamination ponctuelle aux HCT/HAP). Ont été découverts, 3 500 m² supplémentaires de stations de Renouée du Japon, espèce exotique envahissante.
Ces éléments ont conduit le maître d’ouvrage à réviser l’implantation afin d’éviter ces zones, en cohérence avec les prescriptions de gestion des Espèces envahissantes déjà intégrées aux autorisations. La révision proposée se traduit par une réduction nette de l’emprise .
Les éléments nécessitant un permis de construire modificatif sont les suivants :
• la puissance installée des panneaux sera réduite de 4,27 % après conclusions de l’étude géo-
technique mettant en avant des zones de pente trop forte et les zones de présence de renouée et de pollutions ;
• un changement de mode de gestion de la Renouée est proposé, avec des impacts équivalents à positifs car le confinement prévu permet de ne pas exporter de matière et donc d’éviter la propagation de l’espèce ;
• l’emplacement des deux accès au parc est modifié, sans modification du calepinage général.
• la bergerie prévue sera déplacée dans une zone de plus faible pente, et de moindres enjeux
de biodiversité, ce qui implique une réduction des impacts potentiels.
Pas d’actualisation de l’étude d’impact
En conséquence, au regard de ce qui précède, l’Autorité environnementale considère qu’il n’est pas nécessaire d’actualiser la présente étude d’impact concernant le projet d’implantation de la centrale photovoltaïque dès lors que la maîtrise d’ouvrage s’assurera bien, pendant la phase travaux et la phase d’exploitation, d’éviter les zones polluées comme elle l’annonce, et donc de ne pas les impacter et de ne pas diffuser les polluants.
Certaines recommandations de l’avis du 22 août 2023 restent en outre en partie d’actualité et sont réitérées ici . L’Autorité environnementale recommande de s’assurer dès à présent des modalités d’ancrage et des tranchées en réalisant les études géotechniques annoncées et de revoir, si besoin, les mesures prises pour éviter, réduire ou compenser les incidences de la méthode retenue.
L’Autorité environnementale recommande de compléter l’analyse des effets cumulés des projets induisant des défrichements dans le secteur et leurs impacts potentiels sur les espaces agricoles , les milieux naturels, les zones humides et le paysage.
L’Autorité recommande de préciser la durée et la périodicité des dispositifs de suivi de l’ensemble des mesures ERC sur toute la durée de vie du projet (et pas seulement du chantier de construction).
Le présent avis sera mis en ligne sur le site Internet de la MRAe Auvergne-Rhône-Alpes
