France Nature Environnement 73 et Valloire Nature ont adressé à Enviscope entre autres destinataires, une lettre ouverte dans laquelle elles rappellent leur opposition au salon du tout terrain de Valloire, manifestation prône et vend des véhicules destinés au loisir en campagne, en montagne, en dehors des routes bitumées, avec des conséquences négatives en terme d’émissions de gaz à effet de serre, de chaleur, mais aussi de nuisances vis à vis de la faune, et des gênes pour les amateurs de nature. Voici le texte de cette lettre ouverte.
Lors du sommet de la Terre à Johannesburg en 2002, Jacques Chirac alertait : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».
Vingt-quatre ans plus tard, ces mots résonnent avec force. Nous assistons à un nombre record de mégafeux en France, sur fond de sécheresse et de canicules à répétitions. Si l’été 2026 est reconnu comme historique, l’aggravation de la situation dans les années à venir est d’ores et déjà annoncée. Alors que l’urgence climatique nous concerne toutes et tous, la commune de Valloire peut-elle encore fermer les yeux sur le rôle qu’elle joue avec l’organisation, depuis 24 ans, du Salon du Tout-Terrain (et, depuis peu, du Voyage). Peut-elle encore regarder ailleurs ?
Comment, en 2026, pouvons-nous encore tolérer l’accueil d’événements promouvant les loisirs motorisés dans les espaces naturels ?
Comment ignorer un bilan environnemental aussi lourd : émissions de CO2, pollution sonore, érosion des sols et atteintes aux écosystèmes ?
Comment accepter que des fonds publics soient consacrés à l’entretien de pistes utilisées pour ces activités motorisées, alors que ces moyens pourraient être mobilisés au service de la transition écologique ? Selon la direction de l’Office de tourisme, la subvention publique accordée à l’organisateur JB organisation atteint 55 000 € pour l’édition 2026 sans compter la privatisation du domaine public, la mise à disposition du personnel communal et de l’Office de tourisme.
Pendant 5 jours, des dizaines de 4×4 sillonnent sans interruption les pistes de montagne. Chaque kilomètre parcouru, chaque passage répété, chaque soutien institutionnel participe à un modèle devenu incompatible avec les impératifs climatiques et dont les conséquences pour Valloire sont bien réelles.
À l’heure où les montagnes se réchauffent deux fois plus vite que la moyenne mondiale, où chaque collectivité est appelée à réduire son empreinte carbone et à protéger les écosystèmes qui font sa richesse, peut-on encore célébrer, au cœur des Alpes, un événement qui glorifie précisément l’un des modes de déplacement les plus émetteurs ?
Quelle image Valloire souhaite-t-elle donner de son tourisme ? Celle d’une station tournée vers l’avenir, qui innove, protège son patrimoine naturel et prépare le tourisme de demain ? Ou celle d’une station qui s’accroche à un modèle du passé, au risque de sacrifier ce qui fait sa plus grande richesse ?
Nous appelons les élus, les acteurs du tourisme et les citoyens de Valloire à mettre fin au soutien apporté à cet événement. Il est temps de construire un modèle touristique en accord avec les enjeux environnementaux de notre siècle.
Car cette fois, nous ne pourrons plus dire que nous ne savions pas…
