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Production d’hydrogène vert Lhyfe au Cheylas : recommandations de l’Autorité environnementale

Pour l’unité de production d’hydrogène vert de la société Lhyfe, au Cheylas, en Isère, l’Autorité environnementale demande des études et des mesures plus complètes concernant la biodiversité, le bilan carbone global, la gestion de la ressource en eau.

L’unité de production d’hydrogène vert de la société Lhyfe, au Cheylas, en Isère fait parie du projet « pôle énergie », porté par la société SLS Actiparc, regroupant également une centrale photovoltaïque au sol et une unité de recyclage de batteries. L’unité consiste à produire de l’hydrogène décarboné par électrolyse de l’eau via une puissance installée de 10 MW, permettant de produire jusqu’à 4,3 tonnes d’hydrogène par jour, alors que l’objectif initial était de 2,2 tonnes par jour.

L’opération pour laquelle l ’Autorité environnementale est saisie consiste à porter la capacité de stockage de cette unité de 0,999 tonnes à 4,99 tonnes afin d’optimiser la logistique et le stationnement des conteneurs mobiles (CGEM). Le projet est prévu sur une ancienne friche industrielle ayant servi de stockage de déchets
dangereux de la sidérurgie.

Le pôle énergie est projeté sur un secteur présentant les caractéristiques d’un milieu naturel composé d’habitats variés, de zones humides, et d’espèces (flore-faune) protégées pour un grand nombre d’entre elles, à proximité de la Znieff de type I « Boisements alluviaux de l’Isère, de Pontcharra à Villard-Bonnot ».
Pour l’Autorité environnementale, les principaux enjeux sont :
• la ressource en eau et les sols, en lien avec la pollution historique et les déchets dangereux en-
fouis ;
• les risques technologiques (incendie, explosion) et naturels d’inondation, dans un contexte industriel dense ;
• le climat, notamment les émissions de gaz à effet de serre ;
• le paysage et la biodiversité, le projet s’installant dans un cadre alluvial sensible à proximité de l’Isère.

Comme indiqué dans un premier avis sur le pôle énergie en 2024 (avis n° 2024-ARA-AP-1783) à l’occasion de la demande de permis de construire propre à l’opération de parc photovoltaïque au sol, l’Autorité réitère la nécessité de présenter le projet d’ensemble du pôle énergie et son état d’avancement, actualiser et compléter l’étude d’impact en prenant en compte les incidences des trois opérations du projet (Hydrogène, Photovoltaïque, Recyclage) . Il convient aussi pour l’Ae de compléter les mesures  » Eviter-Réduire-Compenser et le suivi des enjeux à cette échelle.

Le dossier transmis à l’Ae ne porte que sur l’augmentation de la capacité de stockage et ne permet ni d’appréhender globalement les incidences à l’échelle du pôle énergie, ni d’assurer une information complète au public. L’Ae souligne qu’aucun élément relatif à la mise en œuvre et au suivi des mesures d’évitement, de réduction et de compensation n’est fourni.

En matière de biodiversité, le site est fortement anthropisé,  à 180 mètres d’une ZNIEFF ( Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique)  de type I. Le canal de Renevier, où la présence du Castor d’Eurasie est avérée, nécessite une attention particulière. Des mesures d’évitement sur l’éclairage nocturne et la gestion des eaux sont prévues, mais un suivi de la qualité biologique du canal est nécessaire pour confirmer l’absence d’impact des rejets sur-minéralisés.

Concernant la ressource en eau, le procédé consommera environ 19 110 m³ par an issus du réseau
communal. Le dossier doit préciser les capacités d’approvisionnement réelles de la commune face aux
besoins croissants du pôle énergie dans un contexte de changement climatique. Le dossier doit évaluer plus précisément de manière argumentée les impacts sur la nappe alluviale de l’Isère. Dans un contexte de
changement climatique, le dossier doit justifier du dimensionnement des dispositifs de gestion des eaux
pluviales et évaluer l’impact des rejets dans le canal de Renevier.

La gestion des pollutions historiques du sol (PolyChloroBiphényle (PCB), métaux lourds) repose sur une imperméabilisation totale du site, empêchant ainsi la remobilisation des polluants par les eaux pluviales et la pollution de la nappe par de nouveaux rejets par ce biais. Les incidences sur la biodiversité de l’imperméabilisation du site sont à présenter.

Un bilan carbone positif

Le dossier présente un bilan carbone positif grâce à la substitution de l’hydrogène carboné, mais sans
avoir quantifié les émissions sur l’ensemble du cycle de vie des équipements (fabrication des électrolyseurs) et sans exposer l’impact réel du contrat d’énergie souscrit. Enfin, l’analyse des risques technologiques doit être approfondie concernant la toxicité des fumées en cas d’incendie pour les riverains situés à 170 m et les potentiels effets dominos avec les industries et canalisations de transport de matières dangereuses voisines.
En matière de suivi, l’Autorité environnementale réitère la nécessité de disposer d’un suivi spécifique de l’étanchéité des casiers et de la qualité des eaux.
L’ensemble des recommandations de l’Autorité environnementale est présenté dans l’avis détaillé

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