Les travaux du tunnel de base de la liaison ferroviaire européenne Lyon-Turin sont réalisés pour 30% avec une mise en service visée en 2033. La question des accès au tunnel se pose avec acuité pour une liaison efficace avec le reste du réseau ferroviaire. Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon a annoncé le 16 septembre le retour de la Métropole lors de l’assemblée Comité pour la Transalpine.
L’assemblée générale du Comité pour la Transalpine a eu lieu le 16 septembre. L’assemblée présidée par Vincent de Rivaz, président de la Transalpine, a réuni Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon ; Daniel Bursaux, président de TELT ( société du Tunnel Euralpin Lyon-Turin) , maître d’ouvrage du
tunnel transfrontalier ; Josiane Beaud, présidente de la délégation française de la Commission
intergouvernementale ; Paolo Foietta, président de la délégation italienne et Matthieu Cochard,
directeur des projets de la section française du Lyon-Turin et du CFAL Nord à SNCF Réseau. Mathieu Grosch, coordinateur européen du corridor méditerranéen a participé à la réunion, le projet Lyon-Turin s’intégrant dans les schémas ferroviaires de l’Union Européenne, le corridor devant réunir la péninsule ibérique et l’Europe orientale.
Membre fondateur de la Transalpine, la Métropole de Lyon avait quitté l’association en 2022, lorsque l’exécutif de la Métropole était gouverné par une majorité écologiste. Le retour de la Métropole sera soumis au vote du Conseil métropolitain le 28 septembre prochain. Pour le Comité cette annonce renforce le soutien des collectivités au Lyon-Turin, aux côtés notamment de la Région Auvergne- Rhône-Alpes.
« En tant que Présidente de la Métropole je ne voudrais pas que le Lyon-Turin devienne le Dijon-
Turin », a déclaré Véronique Sarselli, en référence à la tentation de prioriser la modernisation de la ligne
historique Dijon-Modane. La présidente de la Métropole a souligné l’intérêt du projet pour l’attractivité du
territoire et la décarbonation des transports.
Mise en service visée en 2033
Daniel Bursaux, président de TELT, a présenté les dernières avancées du chantier. Le tunnel de base
sera composé de deux tubes parallèles de 57,5 kilomètres chacun, soit 115 kilomètres à creuser au
total. En ajoutant les galeries annexes, notamment celles nécessaires à l’accès et à la sécurité, la
longueur totale des ouvrages souterrains de la section transfrontalière atteint 164 kilomètres. Près de 50 kilomètres ont été creusés, soit environ 30 % de l’ensemble, dont 22 kilomètres pour les
deux tubes du tunnel de base. La mise en service de l’ouvrage reste visée à l’horizon 2033.
Josiane Beaud, présidente de la délégation française de la Commission intergouvernementale, a rappelé
que le Lyon-Turin « ne peut s’entendre que dans sa globalité », c’est à dire , finalement, avec les accès nationaux, tant en France qu’en Italie. Paolo Foietta, président de la délégation italienne, a lui aussi insisté sur l’importance de réaliser l’ensemble du programme, tout en soulignant les enjeux de sécurité liés au tunnel ferroviaire historique.
Pour Mathieu Grosch les accès au tunnel de base, des deux côtés, conditionnent les ambitions de report modal et l’équilibre financier du tunnel. Il a appelé les Etats à préparer leur réalisation en vue de l’échéance de 2033 et à rechercher des financements complémentaires aux contributions publiques nationales et européennes.
Déclaration d’Utilité Publique : dossier soumis au Conseil d’Etat
Matthieu Cochard, responsable des études pour SNCF Réseau a indiqué que le dossier de prorogation de la Déclaration d’Utilité Publique ( DUP) des accès français transmis durant l’été est désormais soumis à l’examen du Conseil d’État.
Pour la Transalpine, les nouveaux accès sont nécessaires au développement du fret ferroviaire sans
nuire à celui des transports du quotidien. Vincent de Rivaz demande un engagement durable de l’État, qui doit sécuriser les études et les travaux de reconnaissance des accès français. La modernisation de Dijon-Modane qui peut accompagner l’ouverture du tunnel de base ne saurait remplacer les voies nouvelles des accès français ni constituer une solution définitive.
Les hypothèses de capacité de conciliation des trafics, marchandises et voyageurs doivent être » réalistes et être compatibles avec les besoins des trains de voyageurs, en particulier du Service Express Régional Métropolitain de Chambéry. Le risque serait de reporter le fret sur des circulations nocturnes inacceptables en raison des nuisances pour les territoires traversés.
Pour un délégué interministériel
Pour Vincent de Rivaza , la modernisation de la voie actuelle permettrait d’utiliser cette dernière, si nécessaire, comme solution de transition en vue de la mise en service du tunnel de base. Mais pour le président de la Transalpine en faire implicitement ou explicitement, la solution définitive n’est pas acceptable.
Vincent de Rivaz demande un calendrier clair, la continuité des financements et une
coordination durable des acteurs. Pour assurer ce pilotage dans la durée, Vincent de Rivaz proposé la nomination d’un délégué interministériel chargé du Lyon-Turin chargé de coordonner les administrations et
de maintenir le cap au-delà des changements de gouvernement.

