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Thermalisme en Auvergne Rhône-Alpes : une économie fragilisée en transition

         La Chambre régionale des Comptes Auvergne-Rhône-Alpes publie les résultats d’une enquête la politique de la Région Auvergne Rhône-Alpes et de neuf stations. Le poids économique du thermalisme pour de nombreux territoires est fragilisé par la baisse durable de la fréquentation, malgré la prise en charge par l’assurance maladie, et malgré le soutien important des collectivités, Région en tête. 

Auvergne-Rhône-Alpes est la troisième région thermale de France après Occitanie et Nouvelle Aquitaine . Ses  23 stations thermales ont accueilli 95 000 curistes conventionnés en 2025. Mais dans le contexte qui a suivi la crise de la COVID, les stations sont confrontées à plusieurs défis. Elles doivent retrouver la fréquentation d’avant crise, faire évoluer l’offre pour attirer de nouveaux publics, maintenir et moderniser des établissements et équipements anciens et sanitairement fragiles.

Le nombre de curistes conventionnés accueillis en Auvergne-Rhône-Alpes en 2025 a diminué de 26 % par rapport à 2016, date à laquelle il s’établissait à 128 000. De nombreuses stations se trouvent en grande fragilité. En 2025, seules huit d’entre elles sur 23 accueillaient plus de 4 000 curistes, seuil considéré comme minimal pour assurer la viabilité d’un établissement thermal. Or, l’économie thermale est essentielle pour les territoires concernés, souvent ruraux : les impacts économiques directs de l’activité sont estimés pour 2024 à 131 M€ de chiffre d’affaires et à 1 522 emplois directs en équivalent temps plein dans la région. Les communes concernées sont aussi souvent dépendantes des ressources liées à l’activité thermale.

 

Des soutiens publics importants

L’assurance maladie assure en partie la prise en charge des soins de cure pour près de 53 M€ en 2023 au niveau d’Auvergne-Rhône-Alpes . La collectivité  Région elle, a engagé plus de 100 M€ d’investissements dans les stations et les villes thermales depuis 2017, en incluant 13,4 M€ de fonds européens. Les communes assument souvent une part importante des investissements visant à maintenir l’attractivité de la station ( aménagements urbains).

En Auvergne Rhône-Alpes, à fin 2025, les établissements thermaux étaient gérés à 75 % par des opérateurs purement privés, en pleine propriété ou sous forme de Délégation de Service Public (DSP) déléguée par les collectivités.

Des délégations à mieux gérer

Pour  la Chambre régionale des Comptes, justement, les collectivités doivent mieux maîtriser leurs délégations et leur patrimoine. Dans un contexte de besoins en investissement importants, les principaux enjeux des négociations entre déléguant ( collectivités) et délégataire, alors que nombre de DSP arrivent à échéance dans les prochaines années, portent sur la prise en charge financière des investissements, la durée de la délégation consentie et la rémunération du délégataire.

En effet, constate le rapport de la Chambre des Comptes l’économie générale des délégations contrôlées dans le cadre du rapport,  » est généralement favorable au délégataire, qui est souvent un opérateur privé influent. »  La chambre rappelle  » la nécessité d’établir des relations contractuelles équilibrées et encourage les entités locales à exercer un contrôle plein et entier sur leurs délégataires. La plupart des communes thermales contrôlées ne disposent toutefois pas de l’ingénierie nécessaire au bon exercice de ces compétences complexes. La mise en place d’une organisation d’assistance technique à un niveau régional serait de nature à répondre à ce besoin. »

Gestion durable de la ressource en eau et diversification

L’activité thermale est aussi confrontée à des enjeux de gestion de ressource et de pérennité d’un modèle économique, majoritairement assis sur recettes publiques,  » dans un contexte où les difficultés financières de l’assurance maladie appellent à des économies. Si les établissements ont développé une vigilance accrue et des dispositifs de contrôle renforcés, ainsi que des actions de maîtrise de la consommation énergétique, une attention plus grande devra être portée à l’avenir sur la ressource en eau (diminution des rejets d’eau et valorisation des boues notamment. » 
La très grande majorité des acteurs déploient une stratégie de diversification en développant les cures de courte durée et les activités bien être. Mais les données financières recueillies au cours de l’enquête ne permettent pas d’affirmer qu’une telle stratégie contribue à assurer une rentabilité de l’exploitation et la pérennité de l’activité thermale. La chambre appelle donc les stations et la collectivité Région  » à se doter des outils nécessaires pour évaluer les stratégies mises en œuvre et s’assurer de la viabilité économique des activités développées. »

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