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Pics de chaleur sur le Rhône : dérogations exceptionnelles pour des centrales nucléaires

         Le réchauffement du climat impacte le débit du Rhône et fait monter la température des eaux du fleuve, accentuant l’impact des rejets thermiques des centrales. Des dérogations très exceptionnelles et limitées encadrées par l’ASNR autorisent de faibles dépassement pour garantir l’équilibre du réseau électrique national. 

En cas de situation exceptionnelle et de nécessité publique pour l ‘équilibre du réseau élecrique national géré par Réseau de Transport d’Electricité, , l’Autorkité de Sûreé Nucléaire et de redioprotection peut, à la demande d’EDF, modifier temporairement ces limites de rejets thermiques autorisés en application du II de l’article R. 593-40 du =Code de l’Environnement.

         Entre juillet et septembre 2022, des épisodes caniculaires et de sécheresse ont conduit à une élévation de la température des eaux du Rhône, de la Garonne et de l’estuaire de la Gironde qui assurent le refroidissement des centrales du Bugey, du Tricastin, de Saint-Alban, de Golfech et du Blayais.

Les limites des rejets thermiques dans les eaux des fleuve étaient susceptibles d’être dépassées. Ce risques de dépassement aurait contraint EDF à réduire la puissance, voire arrêter des réacteurs de centrales nucléaires concernées. Réseau de Transport d’Electricité a exprimé en juillet 2022, le besoin de maintenir, pour ces centrales un minimum de production afin d’assurer la sûreté du système électrique qui doit en effet être en équilibre total demande-offre, sans quoi il peut s’effondrer en provoquant une panne plus ou moins vaste.

A compter d’août 2022, le Gouvernement a souhaité maintenir autant que possible la production électrique des centrales nucléaires pour préserver les réserves de gaz naturel et d’eau des barrages hydroélectriques en vue de l’automne et de l’hiver 2022-2023, dans un contexte de forte tension au plan énergétique.

Dans le cadre de cette situation exceptionnelle EDF a déposé pendant l’été  2022 plusieurs demandes, en application du code de l’environnement, afin de modifier temporairement les limites des rejets thermiques.

L’ASNR a adopté successivement quatre décisions fixant des prescriptions temporaires relatives pour la vallée du Rhône, aux rejets des centrales de Bugey, Saint-Alban et Tricastin pour la période du 15 juillet au 11 septembre 2022. L’ASNR a prescrit, dans le même temps, une surveillance renforcée du milieu aquatique avec des prélèvements et mesures pour les centrales qui mettraient en œuvre ces décisions.

Les centrales de Bugey, Saint-Alban et Tricastin ont recouru aux dispositions pour une durée cumulée de 18 jours (9 jours pour Tricastin, 8 jours pour Bugey et 1 jour pour Saint-Alban. Les inspections en lien avec l’application de ces décisions n’ont pas mis en évidence d’écart par rapport aux dispositions prescrites.

Bilan de la surveillance de l’environnement de l’été 2022

La surveillance renforcée de l’environnement pour Tricastin et Bugey n’a pas montré d’incidence entre l’amont et l’aval du Rhône sur les paramètres physico-chimiques et sur les paramètres microbiologiques. Aucune mortalité piscicole ou altération de l’état de santé du milieu entre l’amont et l’aval des centrales n’a été identifiée.

Pour la centrale de Saint-Alban, les suivis du phytoplancton et du peuplement des diatomées benthiques pendant l’été 2022 ont marqué une légère différence entre amont et aval, qui n’a pas duré au-delà de la période estivale. Le suivi de la structure du peuplement piscicole a montré une différence entre l’amont et l’aval pour les plus jeunes poissons,  différence, qui persistait à l’automne 2022, mais a cessé en 2023. Les observations de 2023 sur le peuplement piscicole ont montré un retour à des peuplements habituels des espèces.

Retour d’expérience des étés 2023 à 2025

Lors des étés 2023 à 2025, sur le Rhône, les centrales de Bugey et Saint-Alban) ont eu recours à des baisses de puissance pour rester dans le cadre des limites réglementaires des rejets thermiques correspondant aux conditions climatiques normales.

En 2026, les premières tendances de Météo France  pour la période de juin à août  prévoient un scénario « plus chaud que la normale » sur l’Est du territoire métropolitain. Concernant les précipitations, aucun scénario ne se dégage.

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