Gérald Bronner, sociologue, auteur de La Démocratie des crédules, estime que la démocratie de la connaissance, doit réagir par rapport à la » démocratie des crédules », qui manipule l’opinion, notamment grâce à internet. Pour lui, la presse et les journalistes doivent s’engager dans le combat de longue haleine pour renouer les fils de la confiance.
Pourquoi les externalités d’internet sont-elles mal connues, analysées, et discutées et pourquoi la société est-elle comme paralysée devant cette situation de fait ?
Il y a au moins deux raisons à cela. La première est que comme tout objet technologique « nouveau » Internet suscite des adhésions inconditionnelles (pour ou contre). Il se trouve que la portée des transformations sociétales impliquées par cet outil est gigantesque, les passions qui l’accompagnent en sont amplifiées en quelques sortes.
Internet suscite notamment beaucoup de passions idéologiques autour des espoirs démocratiques qu’il inspire. Selon certains, ce serait une possibilité ouverte pour nos démocraties de se réformer profondément (ce qui n’est pas faux) puisqu’il permet à chacun d’accéder à une masse titanesque d’informations et d’en diffuser soi-même à moindre coût.
La deuxième est que ces externalités sont encore mal connues car complexes et relativement neuves. Par exemple, j’ai pu montrer dans mon livre comment la motivation permet aux croyants d’occuper sur certains sujets une position oligopolistique paradoxale sur le marché de l’information.