Dans les Alpes, certaines forêts deviennent inaccessibles aux méthodes classiques d’exploitation pour sortir les bois. L’exploitation par câble, encore très rare, est utilisée par COFORET, coopérative forestière à Morzine, en Haute-Savoie au cœur de la vallée d’Aulps, les grumes suspendues à un câble peuvent descendre des pentes abruptes.
Depuis plusieurs semaines, un chantier d’exploitation forestière mobilise une technique encore peu visible du public mais de plus en plus incontournable en montagne : l’exploitation par câble-mât. Pour le compte de plusieurs propriétaires privés la coopérative forestière COFORE gère à Morzine un chantier de près de 3 hectares qui permettra de mobiliser environ 600 m³ de bois.
Sur les quelque 600 mètres cube de bois, près de 200 m³ sont constitués d’épicéas touchés par les scolytes ou d’arbres renversés par le vent. Ces bois doivent être récoltés rapidement afin de limiter la propagation des insectes et préserver les peuplements voisins.
Au-delà de l’urgence sanitaire, l’intervention vise à maintenir des forêts capables de se régénérer, de produire du bois, de stocker du carbone, de protéger les sols et d’accueillir les usages multiples de la montagne. Le chantier présente plusieurs contraintes propres aux territoires alpins. Certaines parcelles présentent des pentes telles que les techniques d’exploitation ne peuvent être envisagées. L’accès y est contraint. La période d’intervention est particulièrement réduite. L’hiver, l’enneigement rend l’exploitation difficile voire impossible. L’été, la forte fréquentation touristique impose une vigilance accrue, impose de nombreuses démarches afin de fermer chemins et sentiers d’accès.
Le câble-mat technique d’avenir
Sur les pentes les plus raides, les arbres sont d’abord abattus par l’entrepreneur de travaux forestiers Léo Deront. Ils sont ensuite acheminés sur les câbles mis en place par Henri Prémat, de l’entreprise Foresbois, sur près de 500 mètres. Les bois suspendus évitent les obstacles du relief et limitant l’impact sur les sols forestiers et les peuplements environnants…
Bien que largement utilisée dans plusieurs pays alpins comme la Suisse ou l’Autriche, cette technique demeure encore peu développée en France. Pourtant, face aux contraintes croissantes de la forêt de montagne, elle apparaît comme l’une des solutions les plus adaptées pour mobiliser durablement le bois dans les secteurs difficiles d’accès. Mais le nombre d’entreprises spécialisées dans le bûcheronnage en forte pente et l’exploitation par câble tend à diminuer, alors que les besoins augmentent.
Valorisation locale des bois récoltés
Les bois de qualité charpente sont notamment destinés à la Scierie du Léman, tandis que les bois de qualité emballage rejoignent la scierie Détraz. Cette valorisation en circuit court permet de limiter les distances de transport tout en alimentant les entreprises locales de transformation du bois.
COFORET accompagne régulièrement de chantiers d’exploitation par câble . D’autres opérations sont d’ailleurs actuellement conduites dans les Alpes. À La Balme-de-Thuy, au lieu-dit Les Isles, un chantier similaire est en cours en bordure de la RD 909, axe très fréquenté menant à Thônes. L’abattage a débuté mi-juin 2026, sous la conduite d’Arnaud Mabboux, tandis que le câblage sera assuré par Frédéric Mabboux. Ce second chantier s’étend sur environ 450 mètres de ligne pour un volume total d’environ 460 m³ de bois. Il concerne trois propriétaires forestiers et combine plusieurs enjeux techniques : reprise des bois par tracteur, stockage temporaire en champ puis chargement des camions directement sur la route principale, dans un secteur à forte circulation.
La collaboration avec les communes, les collectivités locales et l’ensemble des usagers est essentielle pour permettre le bon déroulement des opérations tout en maintenant l’attractivité touristique du territoire.
