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Nucléaire : des rejets thermiques encadrés par l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection

       Fortes chaleurs et sécheresses réduisent le débit des cours d’eau et une augmentation de leur température . Ces conditions rendent plus difficile la dilution dans le cours d’eau, de l’eau échauffée par les circuits de la centrale nucléaire pour le refroidissement des réacteurs. Entre saison chaude, saison froide, et conditions exceptionnelles, les limites des rejets sont définies par des arrêtés 

Pour certaines centrales nucléaires en bord de rivière ( Rhône, Garonne) , depuis les canicules de 2003 et 2006, deux niveaux de limite maximale de rejets thermiques sont prescrits  par l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.

   Le premier niveau de limite réglemente les rejets thermiques en imposant un échauffement maximal de l’eau entre l’amont et l’aval de la centrale e pour la plupart des centrales, une température maximale de l’eau à l’aval. Une surveillance permanente de l’environnement (eau, faune et flore) permet de suivre les paramètres physicochimiques et biologiques qui peuvent être influencés par la température de l’eau.
Lorsque ces limites sont susceptibles de ne pas être respectées, la puissance des réacteurs est abaissée, et cette baisse peut aller jusqu’à l’arrêt complet. Ces situations de baisse de puissance peuvent se produire lors des périodes de canicule et de sécheresse.

  Le second niveau de limite, pour les mêmes paramètres, intervient si le premier niveau de limite ne peut être respecté et doit conduire à la baisse de puissance ou l’arrêt d’un réacteur alors que, dans le même temps, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) exprime le besoin de maintenir une puissance minimale pour assurer la sûreté du système électrique.

Ce second niveau est appliqué sans intervention de l’ASNR, qui en est informée ainsi que les autres administrations concernées et la Commission locale d’information (CLI). Il est associé à un programme de surveillance renforcée de l’environnement.

Par exemple pour la centrale de Bugey, les limites fixées par arrêté sont les suivantes. Le premier niveau de limites concernent les conditions  » normales » . Du 16 septembre au 30 avril, le réchauffement supplémentaire maximal ne doit pas dépasser 7 degrés avec une température maximale aval qui ne doit pas dépasser 24 degrés C°.  Du Ier mai au 15 septembre ( saison chaude) l’échauffement ne doit pas dépasser 5 degrés C° avec une température à l’aval du fleuve de 26 degrés C°. En  Conditions  Climatiques Exceptionnelles , en cas de demande de Réseau de Transport d’Electricité ( réseau haute très haute tension), le réchauffement ne peut dépasser 1 degré, avec une température  maximale de l’eau à l’aval de 27 degrés.

 

T° max aval : température en aval de la centrale après mélange des rejets thermiques
ΔT (échauffement) : différence entre la température à l’amont de la centrale et celle à l’aval après mélange des rejets thermiques

 

À plus long terme

Les perspectives d’une accélération des phénomènes liés au changement climatique requièrent une anticipation accrue, nécessitant de développer une vision à moyen et long terme des effets du changement climatique, ainsi qu’une approche territorialisée tenant compte en particulier des effets cumulés potentiels liés à la présence de plusieurs sites nucléaires sur un même bassin versant.

La modification de l’encadrement réglementaire ne peut constituer une réponse à elle seule. L’ASNR rappelle que toute modification des limites des rejets des centrales nucléaires dans l’environnement doit être justifiée par une étude d’impact, fondée sur une actualisation des connaissances scientifiques des effets sur le milieu naturel.

L’ASNR considère que la prise en compte des conséquences du changement climatique nécessite un approfondissement des connaissances scientifiques, notamment au regard des écosystèmes aquatiques, ainsi qu’une réflexion sur les évolutions technologiques des installations, dans le cadre d’une approche globale et de long terme.

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