Savoie

Pour notre souveraineté énergétique, redémarrons les fours à silicium de l’usine Ferropem de Château-Feuillet !

Yannick Jadot, candidat écologiste à l’élection présidentielle est le premier de la liste des signataires d’une tribune dans laquelle les élus du parti vert demandent, au nom de la souveraineté énergétique le redémarrage des fours de l’usine  Ferropem de Château-Feuillet dans la vallée de la Tarentaise.

L’offensive russe en Ukraine a mis au jour la dépendance énergétique de l’Union européenne envers la Russie. Nos gouvernants s’agitent depuis pour tenter de pallier leurs inconsistances passées : certains entendent importer du gaz de schiste américain à l’impact environnemental désastreux, d’autres se rêvent en maître de l’atome.. mais dans 20 ans.
Avant de s’agiter, encore faudrait-il ne pas perdre bêtement certaines batailles industrielles, chez
nous !
À 1200 km de la frontière ukrainienne, dans les Alpes, se dresse une forteresse industrielle centenaire.  Elle a vu se succéder des générations d’ouvriers, sur ces terres de labeur qui ont vu naître Ambroise  Croizat, fondateur de la Sécurité sociale. L’usine Ferropem de Château-Feuillet (Savoie) est un fleuron,  un symbole du savoir-faire industriel de Tarentaise, reconnu mondialement pour sa production de  silicium de haute qualité et ses équipements modernes. Et elle est un maillon indispensable à la  structuration d’une filière photovoltaïque performante en France.
Le 1er avril, que restera-t-il de cette usine ? Le groupe Ferroglobe s’entête dans un projet de  restructuration conduisant à la fermeture de ce site, à la suppression de 196 emplois et à se priver  d’un outil de production indispensable.
Le PSE (Plan de “sauvegarde” de l’emploi) prend fin cette semaine. Les résultats de l’entreprise  connaissent pourtant un très net redressement depuis fin 2020. La production vendue de 2021 a  retrouvé le niveau de 2019. Les éléments prévisionnels pour 2022, communiqués par la direction,  montrent que la progression de la production vendue sera très importante et pourrait dépasser les  niveaux historiques de 2017 et 2018. Au quatrième trimestre 2021, face à l’augmentation record des
cours du silicium, le chiffre d’affaires de Ferroglobe a augmenté de 33 % pour revenir à son niveau  de 2018 !

L’atout de cette usine tient à ses ouvriers, qui ont su s’adapter et faire preuve d’innovation, améliorant  ainsi la productivité pour être dans le peloton de tête des industries du groupe. Pourquoi sacrifier  ce savoir-faire ? Sur l’autel de quoi ? Les motifs avancés pour justifier la fermeture de l’usine de  Château-feuillet ne tiennent pas face aux bénéfices records engrangés par le groupe Ferroglobe.
La semaine dernière, les ouvriers ont commencé à recevoir des courriers leur interdisant l’accès au  site, sans que la direction n’ait daigné examiner sérieusement la contre-proposition avancée par  les représentants des salariés pour un redémarrage de l’activité. La proposition des salariés fait  pourtant la démonstration de la viabilité économique du site de Château-Feuillet.
Dans le contexte de crises que nous traversons et qui révèlent la nécessité d’une souveraineté industrielle et d’une politique énergétique fortes et autonomes, la fermeture du site de ChâteauFeuillet est impensable et condamnerait l’avenir d’une filière silicium en Europe.
Au lieu de tergiverser et de ménager comme trop souvent les grands groupes industrialo-financiers, il  est urgent que le Gouvernement reprenne la main sur ce dossier, exige l’arrêt du PSE avant la fin des  négociations fixées au 1er avril et envisage sérieusement la nationalisation de l’usine si Ferroglobe  s’entête. Les discours sont vains si la main se met à trembler à l’heure des décisions difficiles.

Les signataires de la tribune :
Yannick Jadot, candidat écologiste à l’élection présidentielle, député européen ;Fabienne Grébert, président du groupe Les Écologistes au conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes ; Claudie Ternoy-Léger, conseillère régionale de Savoie, conseillère municipale d’Albertville, conseillère communautaire Arlysère ; Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère, président du groupe Écologiste – Solidarité et Territoires ; Thomas Dossus, sénateur du Rhône ; Raymonde Poncet Monge, sénatrice du Rhône ; Hubert Julien-Laferrière, député du Rhône ; Régis Juanico, député de la Loire ; Gwendoline Delbos-Corfield, députée européenne ; Michèle Rivasi, députée européenne ; Grégory Doucet, maire de Lyon ; Eric Piolle, maire de Grenoble ; François Astorg, maire d’Annecy, vice-président du Grand Annecy ; Les Écologistes Auvergne-Rhône-Alpes Groupe Les Écologistes Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes.

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